A VENDRE...
Philémon, ami du grand orateur
Démosthène,
l'aborde sur la place du marché et lui demande :
- Maître, je veux vendre ma maison,
tu la connais si bien pour l'avoir fréquentée lors de mes banquets.
Pourrais-tu écrire une belle annonce que je laisserai à la vue de tous sur l'agora ?
Démosthène prend une tablette de cire, un stylet et se met à écrire :
"Je vends une propriété enchanteresse,
où chantent les oiseaux dès que pointe l'aube,
où le vent agite les feuilles des oliviers,
où une eau de source cristalline coule en abondance,
où le patio baigné par le soleil naissant du matin offre au soir
une ombre tranquille."
Des mois plus tard, Démosthène rencontre son ami et lui demande
s'il a vendu sa propriété.
Ah, non ! Je n'y pense même plus, lui répond-il.
Quand j'ai lu ton annonce,
j'ai compris quel trésor je tenais là
et j'ai renoncé à m'en séparer.
Puissance des mots...
A sa sortie, « Drôle de drame », fut un bide complet. Dans les salles parisiennes où le film ne tint l'affiche que quelques jours, le public dérouté hurlait : « On se fout de nous. On nous prend pour des cons.»
Les critiques, qui n'avaient rien compris, fustigeaint la sottise du sujet et les dialogues poétiques de Prévert. Même Carné, pourtant reconnu, était éreinté.
Bref, on n'aimait pas cette oeuvre trop en avance sur son temps.
Mais en province, « Drôle de drame » fit salles combles car le distributeur l'annonça ainsi : « Ne manquez pas le film le plus idiot de l'année »